| En finir avec l'insurection | |
| Toulon demeurait redoutable. Au début du mois de décembre, Dugonnier se rend compte qu' il faut vraiment en finir avec l'insurrection de la ville. Sa tête en dépendait (nous sommes sous le règne de La Terreur ). Le 15 décembre, l'attaque décisive est préparée par une forte activité de l'artillerie, qui continue dans la nuit du 15 au 16. Toute la journée du 16, la pluie tomba par torrent, ce qui contraria divers mouvements des colonnes. Le 16 au soir, les colonnes s'assemblent. La tenue des troupes est excellente, mais le mauvais temps inquiète tout le monde. Les représentants de la République ouvrent le parapluie au propre comme au figuré et provoquent un conseil de guerre, espérant mettre Dugommier face à ses responsabilités. Personne n'est chaud pour l'offensive. Seul Bonaparte déclare que le mauvais temps n'est pas une circonstance défavorable. Les responsables ont enfin trouvé leur responsable en cas d'échec. Ils ordonnent donc l'attaque et le signal en est donné le 17 à une heure du matin. L'offensive commence mal car trompées par la nuit et la pluie battante, les colonnes d'attaque perdent leur direction et convergent sur le fort Mulgrave. Une grande partie des hommes se disperse et s'éparpille. La colonne Dugua se débande. Les cris de "Sauve qui peut !" " A la trahison !" se font entendre. Heureusement, un noyau d'hommes sûrs continue à marcher en ordre. Il tombe sur les avant-gardes anglaises et espagnoles et les enfonce. | ![]() |
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Bonaparte au siège de Toulon, le 17 décembre 1793, en corps à corps avec les anglais pour son baptême de sang . ( par Jacques Onfray de Breville, dit "Job" ) |
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Sous une grêle de balles et de boulets, au milieu de l'orage et au bruit du tonnerre qui se joint au fracas du canon, comme si, selon le mot d'un conventionnel, la nature voulait se mêler a ce remarquable événement en dépit des obstacles qui les ralentissent et les retardent et qui semblent comme à plaisir répandu sous leurs pas, avancent, avancent toujours avec une héroïque patience, arrivent devant le fort, arrachent les chevaux de frise, franchissent les abatis, traversent le fossé, escaladent les parapets, tuent ou blessent à coups de fusil les canonniers et pénètrent dans la redoute au cri de ralliement : " Victoire! A la baïonnette ! ". Mais l'offensive est arrêtée par une seconde enceinte dont on ignorait l'existance. Dugommier commence à désespérer. Il entend déjà le bruit de la guillotine qui, en ce moment, récompensait la défaite. Il se reprend vite et se rend à la colonne de réserve commandée par Bonaparte. |
le seul document philatélique
relatant au moyen d'une flamme, la prise de Toulon |
| Des chasseurs à pied, entraînés par le capitaine d'artillerie Muiron, l'ami du commandant de l'artillerie, se précipitent sur la redoute qui est finalement prise. A leur suite arrivent Dugommier et Bonaparte qui avait été blessé d'un coup de lance au mollet à la sortie de la Seyne. Un furieux corps à corps s'engage. Muiron est blessé. Environ mille assaillants sont tués ou blessés, mais le fort est finalement pris. Le fameux Petit Gibraltar est occupé. Mais beaucoup reste à faire. Il faut maintenant prendre le fort de l'Eguillette, celui dont Bonaparte avait signalé l'importance dès le début du siège et que l'on aurait pu prendre sans perte sans l'incapacité de Carteaux. |
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La fin du siège de Toulon le 19 décembre
1793 |
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Aussitôt que l'amiral anglais eut connaissance de la perte du Petit Gibraltar, il envoya ordre aux troupes de tenir aux fort de l'Eguillette et de Balaguier, afin que les renforts qu'il allait envoyer de la ville puissent débarquer et le reprendre, la sûreté de son mouillage en dépendait. A cet effet il se rendit à Toulon et demanda que l'on débarquât 6 000 hommes pour reprendre ce fort ou, si l'on ne pouvait le reprendre, pour se retrancher sur les deux mamelons au-dessus de l'Eguillette et de Balaguier, afin de gagner huit ou dix jours, temps où étaient attendus les renforts. Mais lorsqu'on signale à midi que le pavillon tricolore flottait sur les batteries et que les troupes alliées s'étaient rembarquées, il craignit de se trouver renfermé dans la rade. |
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Destruction de la flotte française à
Toulon le 18 décembre 1793 |
| Il ordonna à son escadre de sortir des rades et de croiser hors de portée du canon des côtes. Le fort de l'Eguillette est pris. Pour compléter la menace sur la ville de Toulon, Bonaparte s'était précipité à la batterie de la Convention, lui ordonnant de bombarder le fort Malbouquet, situé à deux kilomètres à l'ouest de Toulon. Le 18 décembre au matin, les assaillants se rendent compte avec joie que le Mont Faron est abandonné par l'ennemi. L'horizon se dégage. Le fort Malbousquier lui-même cède aux bombardements et est évacué. Les Toulonnais se rendent compte que la révolte a vécu. Ils essayent de fuir en barque et en bateaux . On écrasa la redoute anglaise que les soldats avaient surnommée le Petit Gibratar et le 25 frimaire (17 décembre, l'ordre fut donné de l'enlever. Trois colonne, formées pour l'attaque de vive force, avaient chacune en tête un détachement d'artillerie avec un officier choisi pour prendre possession des pièces de le redoute et les faire servir à sa défense aussitôt qu'elles seraient en notre pouvoir. | ![]() |
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fuite et embarquement précipité des anglais le 19 décembre 1793 lors de la prise de Toulon par l'armée républicaine. (Paris, Blibliothèque Natioale) |
Je fus placé à la colonne à la colonne de gauche, débouchant du village de la Seyne et commandée par le chef de la brigade Laborde. L'attaque fut vive et la défense vigoureuse. Nous attaquâmes avec six mille hommes et restâmes maître de la position après avoir fait un grand massacre. Bonaparte me donna le commandement de l'artillerie de la redoute conquise. Chargé de l'armer contre la mer et de retourner l'artillerie qu'elle renfermait, nous eûmes à supporter pendant plusieurs heures le feu épouvantable de trois vaisseaux. En ouvrant dix embrasures, j'eus vingt hommes tués. A trois heures après midi, les vaisseaux s'éloignèrent et nous restâmes paisibles possesseurs de notre conquête. Toutes les dispositions furent prise pour garantir la conservation . Mais ce succés qui devait assurer très probablement le blocus effectif de Toulon, avait changé toutes les disposions de l'ennemi et comme au même moment l'attaque de la gauche avait enlevé la Montagne du Pharon, en franchissant par une espèce de prodige un escarpement en apparence inaccessible, l'ennemi résolut d'évacuer la place en emmenant notre escadre et après avoir détruit autant que possible nos établissements et nos vaisseaux hors de service. L'ennemi, craignant que le fort de Malbosque, encore très imparfait, ne fût enlevé comme la redoute de l'Eguillette, l'évacua. Ce fort était occupé par des troupes espagnoles soutenues par des troupes napolitaines. Nous y entrâmes immédiatement et ses pièces furent dirigées sur les malheureux habitants de Toulon qui, entassés dans des barques chargées à couler bien bas, couvraient la rade et se hâtaient de fuir les dangers dont l'entrée prochaine de l'armée républicaine annonçait l'existence. On pouvait voir dans cette position, le désordre, la confusion et la terreur dont ils étaient frappés. Mais la nuit qui suivit offrit un spectacle encore plus sinistre et cependant, les jours suivants devaient être pires! Tout à coup l'air paraît embrasé, l' horizon est en feu, des magasins et des vaisseaux brûlent. A la lueur de cet incendie, on voit un désordre toujours croissant et une terreur plus grande que celle remarquée pendant le jour. Tout fuit, tout se précipite. Une explosion se fait entendre: c'est celle de vaisseaux embrasés et de deux poudrières? Semblables à des volcans, elles jettent au loin des débris et remuent pour ainsi dire la terre jusque dans ses entrailles. De violentes explosions se produisent, ajoutant à la panique générale. Ce sont des vaisseaux chargés de poudre auxquels les espagnols ont mis le feu. Comme le prévoyait Bonaparte, les anglais, avant de partir, avaient mis le feu à l'arsenal, au magasin général, au magasin de nature et à douze vaisseaux de la flotte française. Spectacle de désolation ! Les républicains entrent dans Toulon le 19 décembre. Comme à Marseille, les massacres succèdent aux exécutions et le pillage au excès divers.Les représailles républicaines seront terribles. Un millier d'otages sont rassemblés dans un pré. Les canons tirent à mitraille, déchiquetant les corps. " S'il y a des survivants, l'officier chargé de l'exécution annonce " relevez-vous, la république vous fait grâce". Peut être voulait-il dire coup de grâce" car tous ceus qui bougent sont aussitôt achevés à coups de sabre ou de baîonnette. |
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rappel des différents évènements
qui se sont déroulés durant le siège de Toulon |
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