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Vue panoramique du siège de la ville et du port de Toulon, occultés par les anglais (réalisé par Siméon-Jean-Antoine Fort (château de Versailles) |
Du fait de la difficulté de l'opération, des renforts sont envoyés à Carteaux: 4 000 hommes détachés de l'armée d'Italie sous les ordres du général la Poype. Ils s'établissent à La Valette, à six kilomètres environ au nord-est de Toulon. S'ils avaient été dirigés par un Bonaparte, les assiègés auraient tout fait pour battre séparément les deux colonnes encadrant la ville. au lieu de cela, ils se contentent d'augmenter la garnison qui est portée à 14 000 hommes et à renforcer les fortifications, notamment celles du promontoire du Caire, où se trouve le fort de l'Eguillette que les assaillants baptiseront " Le Petit Gibraltar ". Il faut dire qu'ils ne sont pas les seuls à commettre des erreurs. Le récit de Marmont, dans ses mémoires est significatif ; " Salicetti mena Bonaparte chez Carteaux, qui l'engagea à rester à dîner, en lui annonçant pour la soirée, le spectacle de l'incendie de l'escadre anglaise. Carteaux et les représentants, échauffés par les fumées du vin et pleins de jactance, se rendirent en pompe à une batterie dont on attendait ces brillants résultats. Bonaparte, en homme de métier, sut à quoi s'en tenir en arrivant. Mais quelles que fussent ses idées sur la stupidité du général, il lui aurait été impossible de deviner jusqu'à quel point elle avait pu aller. Cette batterie, composée de deux pièces de vingt-quatre, était située à huit cents toises (environ 1600 mètres) de la mer et le gril pour rougir les boulets avait probablement été pris dans quelques cuisines. Bonaparte annonça que les boulets n' iraient pas à la mer et démontra que dans aucun cas, il n'y avait le moindre rapport entre le but et les moyens. Quatre coups de canon suffirent pour faire comprendre combien était ridicule les préparatifs faits. On rentra l'oreille basse et l'on crut avec raison que le mieux était de retenir le capitaine Bonaparte et de s'en reporter désormais à lui. Le seul plan valable Pauvre artillerie qu'allait devoir commander Bonaparte. Quelques pièces de campagne, deux canons de 24, deux de 16 et deux mortiers servis par des hommes inexpérimentés. Bonaparte pense qu'il est urgent qu'elle soit dotée d'un chef capable par son grade, de faire respecter cette artillerie. Malheureusement, le général La Salette, désigné à cette intention n'arrivera qu' une fois les affaires finies. En attendant, Bonaparte fait flèche de tout bois. Il contacte ses relations pour obtenir des pièces supplémentaires et les munitions indispensables. |
Trois jours après son arrivée, il se trouve ainsi à la tête de 14 canons et 4 mortiers. C'est peu, mais déjà mieux... De plus les représentants, pour récompenser son zèle et lui donner de l'autorité, le grade de chef de bataillon. Alors que carteaux en était encore à vouloir prendre Toulon et les forts attenants à l'aide de ses seules baïonnettes républicaines. " Ah ces malin! " aurait dit un des fusiliers. Bonaparte pense, lui, à un véritable plan d'attaque. Il propose un plan différent. Il pose en principe que si l'on pouvait bloquer Toulon par la mer, comme il l'était par terre, cette place tomberait d'elle-même, parce que les ennemis préféreraient emmener les trente et un vaisseaux de guerre français, mettre le feu aux magasins, détruire l'arsenal, faire sauter et faire évacuer la ville, plutôt que d'y abandonner en garnison 15 000 hommes qui, une fois bloqués, seraient obligés de capituler tôt ou tard et qui alors, pour obtenir une capitulation honorable, seraient forcés de remettre l'escadre, l'arsenal, les magasins, les fortifications intacts. Or il était facile de bloquer Toulon par la mer, en obligeant d'évacuer la grande et petite rade. Il suffirait pour cela de placer deux batteries de 24 ou 36, quatre de 16 à boulets rouges et dix mortiers, l'une à l'extrémité du promontoire de l' Eguillette, l'autre au promontoire de Balaguien. |
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timbre et cachet représentant Bonaparte
en commandant d'artillerie. |
Lors d'une reconnaissance, Bonaparte s'était rendu compte que le promontoire du Caire n'était pas encore occupé par l'ennemi. Il dit à Carteaux " Prenez l'Eguillette et avant huit jours vous entrerez à Toulon ". Semblant convaincu, il envoie l'adjudant général Delaborde le 22 septembre, mais ne lui donne que 400 hommes et ne le fait pas soutenir par des renforts. La résistance anglaise, forte de 4000 hommes, réduit à néant tout espoir de réussite de ce coup de main. Pire, l'ennemi est maintenant prévenu et s'empresse de fortifier le promontoire qui mérite bien alors son surnom de " Petit Gibraltar ". Bonaparte est furieux, il écrira : " Le général Carteaux n'était capable ni de comprendre, ni d'exécuter un tel plan ". Mais il s'y tient : c'est le seul plan valable. Dans ce but, il fait preuve d'une activité inlassable. C'est à ce moment qu'il prend pour chef d'état-major le capitaine Muiron qui mourra en le protégeant à Arcole et comme adjudant-major, le sergent Junot. Peu à peu, la grosse artillerie arrivait de Marseille et le nombre de batteries augmentait. La plus puissante, celle des "Sans Culottes " avait récupéré la monstrueuse couleuvrine de 44, venant de l'arsenal de Marseille dont on disait monts et merveilles. C'était en réalité une antiquité, mais elle faisait de l'effet. En réalité, plus dans la vie quotidienne étaient la pièce de 36, les quatre de 24 et le mortier de 12. Leur feu obligera les anglais à évacuer la partie occidentale de la grande rade. |
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