| La
Poste sous la Convention |
| Notes de la
page |
|
6.1.1 Le service de relais
Avant et durant la période révolutionnaire des services
de relais, dirigés par des Fermiers Généraux, comme
|
N'
OUBLIER PAS DE CLIQUER SUR LES FEUILLES |
| Mille cinq cents relais environ sont repartis sur les routes
de France. Dans chaque relais, on trouve un maître de Poste titulaire
du relais, des postillons et des chevaux plus ou moins nombreux suivant
l’importance du relais. Ce relais se présente souvent comme une grande bâtisse rectangulaire avec une large cour intérieure et un haut porche permettant l’entrée des voitures. Ce relais est toujours situé le long de la route, parfois à une croisée de chemins, car il doit être facilement accessible. Dans la cour, une écurie permet de loger une dizaine de chevaux. Des locaux abritent selles et harnais, d’autres encore sont destinés aux postillons et aux palefreniers. Dans les bâtiments principaux, l’auberge avec des chambres et des salles à manger pour recevoir les voyageurs. Le maître de Poste est nommé par le pouvoir. Il jouit de nombreux privilèges qu’il perdra le 4 août 1789. Les postillons sont rattachés à leur relais et ne peuvent le quitter sans obtenir l’autorisation de leur maître de Poste et de l’administration centrale. Les postillons sont en «rang » dans chaque relais : le plus ancien porte le n°1 qui est indiqué sur son écusson. Chaque postillon possède un livret qui lui est délivré par l’administration des Postes et sur lequel sont portées ses notes et les appréciations du maître de la Poste aux chevaux. En cas de nécessité, le maître de Poste est autorisé à utiliser des «monteurs à défaut » qui remplaceront ou aideront les postillons en titre au relais. Les maîtres de Poste et les postillons doivent, par les lois des 14 et 15 août 1792, prêtre serment. Une ordonnance du roi du 17 août 1786, avait définit que "Sa Majesté a jugé que les maîtres de Poste porteront un drap bleu-roi, collet écarlate rabattu et arrondi. Les vestes des postillons seront en drap bleu-roi avec une doublure d’étoffe de laine. Ils porteront sur le bras gauche l’écusson aux armes de Sa Majesté ». Les règlements pour les postillons, mis en vigueur à partir du 2 janvier 17 92, prescrit le port du même uniforme avec le même genre d’écusson au bras gauche mais sans les effigies de la royauté mais avec celles de la future république. Le numéro de l’écusson indique toujours le rang du postillon au relais où il est attaché. Quand le postillon est en service, il doit impérativement porter son uniforme et le règlement précise même, qu’en cas de service de nuit, il doit rester habillé pour être prêt à relayer les courriers et les malles afin que ceux-ci n’éprouvent aucun retard dans leur marche. |
Les précurseurs des
facteurs de campagne sous la Convention |
Durant cette période, lLe courrier n'était
jamais distribué dans les localités dépourvues de
tout bureau de Poste et on estime à trois cent mille le nombre
de lettres qui, faute d'être retirées par les particuliers
en raison de la distance à parcourir, étaient mises au rebut
à l'expiration d'un délai de trois mois. Et comme à
l'époque le port, dans la très grande majorité des
cas, était acquitté par le destinataire, les taxes non-perçues
représentaient donc un lourd préjudice pour le trésor
public. Pour tenter de remédier à cette déplorable
situation, l'administration postale avait notamment encouragé les
communes concernées à recruter des messagers « pour
aller prendre et porter leurs lettres aux bureaux de Poste ».
Dans la première instruction générale datée
du 25 octobre 1792, parue quelques semaines après la dissolution
de l'Assemblée législative, il était rappelé
aux responsables de bureaux les expédients dont ils pouvaient user
pour faire parvenir le courrier dans les localités privées
de porteurs habilités : « [Les directeurs ] doivent surtout
s'occuper de ce soin les jours de marché, qui nécessairement
leur offrent beaucoup de facilités, soit pour remettre les lettres
aux propriétaires mêmes, ou en mains sûres, soit pour
faire prévenir les personnes à qui elles sont adressées
de se présenter au bureau. » Cependant, au cours de la période révolutionnaire, il
était de la plus haute importance de faire parvenir, dans les meilleurs
délais et dans les villages les plus reculés, afin que chaque
citoyen puisse en prendre connaissance, le texte des nouvelles lois votées
par les députés et des décisions prises par le gouvernement.
C'est par un arrêté du 16 prairial an II (4 juin 1794) que
le Comité de salut public de la Convention nationale avait autorisé
la commission des Postes et Messageries à charger les directeurs
des bureaux de Poste à passer des marchés pour le recrutement
de piétons « sachant lire et écrire autant qu'Il
se pourra », afin de porter, à des jours et à
des heures fixes, dans chaque canton et commune, le Bulletin des lois,
ainsi que les rapports et ouvrages dont il sera ordonné l'envol. |
![]() |
Écusson de drap rouge, bordé de blanc, sur lequel sont brodés en bleu les mots « Postes aux lettres », et dont, en application de l'Instruction générale de 1792, tout courrier ou piéton est tenu de se pourvoir à ses frais, pour le porter attaché à son habit, sur le côté gauche de la poitrine. |
| Quelques semaines plus tard, le 11 messidor (29
juin), une circulaire, adressés par l'Agence des postes, avait alors
expressément recommandé aux responsables de bureaux de s'occuper
sans délai de trouver le nombre de personnes nécessaires et
d'établir, dans les trois jours, des contrats provisoires. Il était
également précisé que si, en raison des travaux de
campagne et du service des armées, ils se trouvaient dans l'impossibilité
de recruter des « citoyens », Ils étaient autorisés
à employer des « citoyennes » : « Tu distribueras
ces cantons et ces communes selon leur situation et leur distance et de
manière à ce qu'une même personne en serve le plus grand
nombre possible. Tu pourras même employer des courriers à cheval,
selon que les localités l'exigeront ou que tu le croiras nécessaire
pour la promptitude du service des lieux les plus éloignés
de ta résidence ; tu pourras encore, si tu le juges nécessaire
et d'une exécution facile, choisir, dans certaines communes intermédiaires,
des piétons qui recevront de ceux qui partiraient de ton bureau pour
ces communes les envois destinés pour d'autres communes situées
au-delà de ces points intermédiaires, et qui les y transmettraient
sur le champ. » Mais, en raison des sérieuses difficultés rencontrées par bon nombre de directeurs pour la mise en place du dispositif prévu par l'administration, le Comité de salut public avait été rapidement amené, le 3 thermidor (21 juillet) à prendre un arrêté autorisant les municipalités à réquisitionner du personnel pour assurer la distribution du Bulletin des lois dans des conditions satisfaisantes. Et le 12 vendémiaire an IV (4 octobre 1795), quelques semaines avant la dissolution de la Convention nationale, un décret, après avoir fixé les modalités de l'envol de cette publication officielle, envoi dont la responsabilité incombait alors au ministre de la Justice, avait également arrêté la liste des bénéficiaires. Et dans le texte, il était en outre précisé que tout citoyen à qui les exemplaires n'étaient pas adressés gratuitement, avait la possibilité de s'abonner à un prix modéré, couvrant seulement les frais. |
|
|
Première page de la circulaire du 12 nivôse
an V, originaire du bureau de l'envoi des lois et adressés par
le ministre de la Justice aux directeurs des postes. (document
du Musée de la Poste) |
| Par suite de la faible densité des bureaux de Poste dans les arrondissements ruraux, il s'avéra fort difficile, à l'usage, de faire parvenir les bulletins dans certains communes Isolées, parfois même dans des chefs-lieux de canton où siégeait un juge de paix. |
Bulletin des lois |
| Institué sous la Convention nationale, par décret du 14
frimaire an II, le Bulletin des lois de la République, qui commence
à paraître le 22 prairial suivant, est destiné à
la notification des lois d'intérêt général aux
autorités constituées. Pour le fabriquer est établie
une imprimerie spéciale qui prend, par décret du 8 pluviôse
an III, la dénomination d'Imprimerie nationale. Pour en suivre les
épreuves et en faire l'envoi, est créée une commission
dont les membres, responsables de toute négligence ou de tout retard,
sont placés sous la surveillance immédiate du Comité
de salut public. Il est prévu que les décrets seraient traduits
dans les différents idiomes encore en usage à l'époque,
et les lois ainsi que les divers textes dont la diffusion est utile aux
intérêts de la République, en langues étrangères.
Les dates de départ et d'arrivée du bulletin, dont l'envoi
est fait par la poste aux lettres, sont constatées de la même
manière que les chargements. Tout d'abord promulguées à son de trompe ou de tambour, dans un délai de vingt-quatre heures, en-chaque lieu où elles sont adressées, les lois sont ensuite lues, chaque décadi, à tous les citoyens, dans chaque commune, soit par le maire ou un officier municipal, soit par un président de section. Le Bulletin des lois a cessé de paraître en 1931. |